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26.10.2007
Carte postale

Cela parait si évidemment et si insaisissable.
Les pensées se mêlent, se démêlent,
s’enroulent autour de mon cou, me lacèrent,
m’emprisonnent dans un silence coupable.
Les mots se brident, les actes se rétractent.
Tout devient inaccessible, il n’y a qu’un épais brouillard
comme de grosses lunettes de soleil qui m’empêchent de voir le jour.
D’ou je suis, on pourrait croire qu’il fait toujours clair.
Mais c'est un leurre, une lueur.
Quand on a rien à perdre les gestes sont sur,
plus simples, plus faciles à mettre en application.
Je l’ai vu, c’est peut-être une erreur...
Il y a toujours un doute qui altère la vision des choses.
A quoi se fier, alors ? J’ai cru l’apercevoir.
Ce n’est pas très clair. Ce n’est pas si simple.
Cela ne semble pas être une évidence,
aucune gare, aucun poste frontière,
pas même un abri, une borne, un panneau,
enfin quelque chose qui puisse témoigner de ma bonne fois.
Et je reste là, immobile dans le froid, sans rien pour me réchauffer,
au milieu d’une page, au milieu d’une gare qui n’en est pas une,
pas un siège, pas un distributeur de café.
C’est un champs pris par le gèle,
une herbe cristalline recouverte par la brume.
Une carte postale, une photo sans destination, sans destinataire
qui reste en poste restant, oublié par le reste du monde.
Un décor sans grand intérêt, les couleurs ont passées.
Aucune date de figure au verso. Elle semble être d’un autre temps.
Elle fige l’instant, elle exprime l’éternité.
Rien ne change, tout recommence de la même manière.
Un inconnu a juste écrit quelques mots au verso.
« Je l’ai vu, j’en suis sûr, cela ne peut pas être autrement.
Je serais là encore ce soir et demain soir.
Tout les soirs, s’il le faut dans ce lieu sans histoire.
J’ai tout le temps pour y réfléchir, même s’il n’y a plus de temps à perdre.
Je l’ai vu... je l’ai vu. »
Comme le train fantôme, je l’ai vu. Un train fou sans chauffeur,
sans maître à bord allant jusqu’au bout de sa destiné.
Il n’est perturbé par aucun événement extérieur.
Que faut-il faire pour embarquer à bord ?
Rejoindre cette folie, cette frénésie.
Je m’arrête, pour être plus à même d’apprécier sa majestueuse liberté.
Il file à toute allure dans un doux ronronnement.
Il rencontre des peuples oubliés et dévisage des paysages insolites...
il gonfle le cœur de folles histoires, de douces mélodies.
Il file, défile devant mes yeux ignorants
comme un rêve, une pensée fugitive.
Je l’ai vu, le suivre ne suffit plus.
Je veux l’atteindre.
11:50 Publié dans 02. Écrire | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note



Commentaires
un rêve, y croire encore.
Ecrit par : 'puce | 26.10.2007
Oh oui, moi aussi je voudrais l'atteindre.
Merveilleuses photos et un texte qui résonne, là, quelque part au creux de nos envies.
Et merci pour le lien.
Ecrit par : Morena | 28.10.2007
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