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30.10.2007

Sous le soleil de l'automne

N'est-il pas là tout autour de nous !?
Pour Dine, suite à son commentaire sur l'article précédent.

:) 

 

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Ligne de portraits

Quelques croquis et photos gisent dans un carton. Souvenir d'un séjour dans les îles Canaries.
Ou nous avions découvert avec mon amie Anne (ces œuvres), une autre façon de vivre et de penser.
Quelques visages subsistent de ces rencontres...
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26.10.2007

Carte postale

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Chercher le fil conducteur pour voir plus clair.
Cela parait si évidemment et si insaisissable.
Les pensées se mêlent, se démêlent,
s’enroulent autour de mon cou, me lacèrent,
m’emprisonnent dans un silence coupable.

Les mots se brident, les actes se rétractent.
Tout devient inaccessible, il n’y a qu’un épais brouillard
comme de grosses lunettes de soleil qui m’empêchent de voir le jour.
D’ou je suis, on pourrait croire qu’il fait toujours clair.
Mais c'est un leurre, une lueur.

Quand on a rien à perdre les gestes sont sur,
plus simples, plus faciles à mettre en application.

Je l’ai vu, c’est peut-être une erreur...
Il y a toujours un doute qui altère la vision des choses.
A quoi se fier, alors ? J’ai cru l’apercevoir.
Ce n’est pas très clair. Ce n’est pas si simple.
Cela ne semble pas être une évidence,
aucune gare, aucun poste frontière,
pas même un abri, une borne, un panneau,
enfin quelque chose qui puisse témoigner de ma bonne fois.
Et je reste là, immobile dans le froid, sans rien pour me réchauffer,
au milieu d’une page, au milieu d’une gare qui n’en est pas une,
pas un siège, pas un distributeur de café.
C’est un champs pris par le gèle,
une herbe cristalline recouverte par la brume.

Une carte postale, une photo sans destination, sans destinataire
qui reste en poste restant, oublié par le reste du monde.
Un décor sans grand intérêt, les couleurs ont passées.
Aucune date de figure au verso. Elle semble être d’un autre temps.
Elle fige l’instant, elle exprime l’éternité.
Rien ne change, tout recommence de la même manière.

Un inconnu a juste écrit quelques mots au verso.
« Je l’ai vu, j’en suis sûr, cela ne peut pas être autrement.
Je serais là encore ce soir et demain soir.
Tout les soirs, s’il le faut dans ce lieu sans histoire.
J’ai tout le temps pour y réfléchir, même s’il n’y a plus de temps à perdre.
Je l’ai vu... je l’ai vu. »

Comme le train fantôme, je l’ai vu. Un train fou sans chauffeur,
sans maître à bord allant jusqu’au bout de sa destiné.
Il n’est perturbé par aucun événement extérieur.
Que faut-il faire pour embarquer à bord ?
Rejoindre cette folie, cette frénésie.
Je m’arrête, pour être plus à même d’apprécier sa majestueuse liberté.
Il file à toute allure dans un doux ronronnement.
Il rencontre des peuples oubliés et dévisage des paysages insolites...
il gonfle le cœur de folles histoires, de douces mélodies.
Il file, défile devant mes yeux ignorants
comme un rêve, une pensée fugitive.

Je l’ai vu, le suivre ne suffit plus.
Je veux l’atteindre.

24.10.2007

Un sourire, une souris


Dans l’après-midi, l’instant était à la course.
Et c’était bien une course qui devait être menée à terme.
Le balluchon à do, patins aux pieds...
Il franchit le seuil et glissa, tout du long, dans l’escalier.
Les rues blanches et endormies du mois d’août,
le conduisaient à vive allure vers l’inconnu...
Que cherchait-il à atteindre ?
Il ne semblait pas convaincu par ce qui l’attendait de l’autre coté du miroir.
Mais peu importe, d’un trottoir à l’autre,
tout se ressemblait et rien ne le rapprochait...
Le rapprochait de ce qui l’avais quitté.
Ses yeux papillonnaient sur les façades décrépies,
impossible de se poser, de reposer son attention.

Puis…
Épuisé, son entrain commença à décliner,
pour peu à peu se figer au centre de l’éphémère, de l’incertitude.
Ses jambes fléchissaient sous le poids de son sac, de ses efforts inutiles.
Il baissa les yeux, il ne pouvait plus les soutenir.
Il ne pouvait plus rien soutenir et s’affala sur un banc,
rependant son âme sur le mur des lamentations.
La foie n’était pour lui qu’un exutoire,
qu’une excuse à la misère de son esprit, une fuite de la quête de l’absolu.
Plus rien ne le rattacher à la réalité…
Les rues, cette rue… tout était vide, vide de sens.

Mais qu’avait-il accompli ? Pas grand chose.
Reprendre tout depuis le début, il ne l’envisageait pas, il ne le souhaitait pas.
« Plutôt, mourir. » se disait-il.
Il n’aimait pas ces passages à vide, d’éternel recommencement,
Ou malgré le poids, il faut poursuivre, reprendre comme si de rien n'était.

A la station de bus, aucunes lignes ne lui étaient connues. Quelle direction suivre ?
La rue était d’une solitude affligeante,
au fond de l’air quelques grondements furtifs
d’autos mal embouchées insistaient sur leur présence.
Pour lui rappeler sans doute qu’il n’est pas si loin.
Troublé dans l’entrelacement des lignes de bus, il demandait sa route.
Un signe.
 
Puis.
En un instant, sans prévenir,
un petit bout de femme sortie de nulle part
retoucha d’une pointe de couleur l’aridité du décor.

Un sourire, une souris.

Elle lui adressa quelques mots en poste restante.
Il la regardait d’une oreille distraite.
Un bus s’arrêta aussitôt, à son approche.
« Tiens, voila mon bus.» dit-elle.
Il devait saisir cette opportunité, elle ne se représenterait peut-être pas.

Alors sans savoir qui elle était, alors sans savoir qui il était
et sans savoir non plus ou il allait, il se redressa
« Tiens, je vais le prendre aussi, pourquoi pas. »

Ils montèrent ensemble et s’installèrent à trois rangs d’écart, pour marquer l’écart.
Pour s’éloigner un peu de la familiarité qui les unissait déjà.
Elle le scrutait du bout des lèvres et lui remué comme attisé par cette sensation qui lui échappait.
Ne devait-il pas pousser l’idée à son paroxysme ?

Il se leva, alors, s’assis à ces cotés.
« Tu descends où ? » Lui dit-il.
-  A la prochaine.
- Ah, tant mieux... Vraiment, parce que je n’aurai pas été plus loin.
Le bus s'arrêta à la prochaine comme prévu,
et dans une totale complicité ils descendirent du bus.

Il l’accompagna jusqu’à chez elle échangeant quelques pensées
et quelques mots dans la douceur du jour qui s’animait autour d’eux.
Puis d’un sourire, il repris sa route.

… Un sourire, une souris.

19.10.2007

De l'inconnu

De l'inconnu arrive souvent l'inattendu. Merci à Dine

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17.10.2007

Histoire d'eau

« Eh! oh! du bateau… »
La barre s’affole, le vent se lève. Une obscurité remonte du large.

« Capitaine, un gros grain va nous secouer. Regardez, la mer comme elle s’agite. »

Dans ces circonstances, le mot était d’une justesse affligeante
surtout quand on ne possède pas encore les bons apparats.
Le pont tanguait à bâbord, à tribord.
Le vent peut être vraiment une saleté, incontrôlable. Il nous pousse aux vices...
Il nous pousse aux meurtres... nous presse les uns vers le silence
et l’autre vers les hurles vents. Et rien y fait, ballotté, molesté par les courants,
presque noyé sous le flux et le reflux du courant.

Sur le pont, le prête tenait son bréviaire serré contre sa poitrine,
quelques sueurs marines gominées sa misérable chevelure.
Il défiait les dieux en vociférant ses prières,
ses hymnes à la grandeur de son bienfaiteur maître et roi.
Il était piteux de la voir scander ses médiocres slogans...

Le mousse toujours un peu fier, et connaissant accès bien le cargos
sur lequel il avait embarqué, gardait encore un peu d’ironie dans ses propos.
« Pas d’inquiétude pasteur, la peste n’est pas dans la cale.
C’est juste une petite giboulée, histoire de purger les sangs ».
La peste peut-être pas mais le typhus sûrement ou alors quelque chose d’approchant.
On sentait bien qu’il y avait une épidémie qui rongeait, qui rendait fou l’équipage.

Dans la cabine, la lumière vacillait, couinait. Le capitaine claude-daniel,
un mystique des temps modernes et ancien, ne s’avait jamais sur quel mer il naviguait,
mais il restait toujours entre deux eaux à lutter contre vent et marais.
On ne soupçonnait pas à son apparence qu’il détenait les ressources nécessaires.
Il avait la bonhomie d’un poupon, malgré son regard cerné.

Alors, alors... donc, Claude-Daniel maintenait la barre et restait imperturbable, fumant la pipe.
Les dieux semblait lui en vouloir, mais il continuait allégrement à créer de larges nuages blancs
qui lui coiffaient la tête d’auréoles tel un saint en carte postal, rayonnant de mille feux,
fidèle à son dogme, illuminant l’obscurité de sa lumière.

Comment avoir autant de sérénité face à l'adversité ?

Rapidement, les paroles du prêtre s’épuisaient, il avait dégueulé tout son savoir.
Et le temps n’était plus du tout à la clémence.
Toutes ces belles phrases, semblaient même accroître les forces de la tempête
qui se dégingandait au dessus de leur petit navire perdu au milieu de l’océan.
Pas une lueur à l’horizon, pas une mouette, pas un signe de rémission ne se faisait sentir.
Rien… ne montrait un que lconque espoir, le calme pla t, si je puis dire.
Et pourtant, tous les sujets présentés bon nombre de qualité,
mais que peut-on fait face à l’ironie du sort ?
Fallait-il être précieux pour en voir sa subtilité ? Y avait-il une autre issue ?

Le vent était à la démence. Le mousse s’agitait en tous sens, il fallait sauver les apparences,
le seau dans les mains, accès maladroit, d’ailleurs. il écopait l’eau qui se répandait de tout coté.
Le prête saoulait par son mauvais vin, titubait et tentait de s’accrocher au bastingage.
Il grommelait encore quelques mots imperceptibles qui allaient à l’encontre de tous les dogmes
et de toute la chasteté religieuse qui l’incombent.

De nombreux éclaires parcouraient le ciel et finissaient finalement par s’échouer dans l’océan.
Là ou naquit un jour le fameux Claude-Daniel. Tout sa vie durant, il avait arpenté les mers.
Et aujourd’hui à l’aube de sa maturité, en pleine possession de ses moyens, il vibrait et riait
à gorge déployée devant la fanfaronnade du temps capricieux. Tous autour de lui, tremblaient
qu’accroître son plaisir, comme s’il attendait ce moment pour se révéler.

Et puis, et puis… de pas en trépas, du clair à l’obscure, d’une encablure à l’autre,
ils s’enfoncèrent dans la nuit, disparaissant dans l’horizon tumultueux.
La nuit toucha sa fin dans un calme ambigu  et en laissant place à un autre jour
ou les éléments, le mousse et le prêtre se posèrent, épuisés et fébriles. Seul,
claude-daniel ricanait encore de cette farce arrogante, fasciné par les foudres de guerre
et la folie que peut engendrer
la condition humaine.

  Tous les six du mois pendant six mois, vous me réciterez six fois cette acte de contrition :
« Tous se passe dans la tête, surtout garder son sang froid, laisser venir les choses à soi,
les voir venir pour mieux les combattre. Ne pas se laisser décontenancer.
Quand on est sain de corps et d’esprit, et que la cause est juste,
les erreurs se sont les autres et il ne faut pas leur laissait nous faire croire le contraire. »


13.10.2007

Instants futiles

Quand il n'est pas nécessaire de parler. 

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10.10.2007

Médium

Reflexion du cœur, réflexion du corps, expression du corps, expression du cœur.
Quelque soit le médium et le modèle, ils sont tous deux, l'expression d'une pensée,
d'une reflexion intérieure, une part de nous-même.

Comme la curiosité ne peut pas rester sans réponse,
et qu'elle peut être une source d'inspiration et d'évolution de soi,
il est bon de se laisser porter par toutes les petites choses qui attirent notre regard.

Et d'assouvir notre besoin d'apprendre.

A Doune.

 

 

07.10.2007

Arboretum de Boiscorde

Alain Vernholes ouvre ses portes ce dimanche, je crois vers 14h, à Rémalard sur la Route de Bizou.

Comment ne pas y aller ? c'est la dernière visite pour la saison. Et c'est le meilleur moment de l'année.

Même si je n'ai pas la connaissance des arbres... Qu'il est bon de se laisser couvrir des couleurs de l'automne.

 

04.10.2007

Après demain

C’est comme traverser le temps, se plonger et s’enivrer d’un autre siècle. Une colline à franchir, enfiler les bottes de sept lieues et nous y sommes.


Le petit village d’ou je viens, ne retient pas au premier abord l'attention. Ce sont les alentours qui hébergent fermes, moulins et manoirs, perdus dans une verdure abondante en amont ou en aval, parsemée de haies touffues et mal entretenues et de champs avec la raie sur le côté précisément dessinée, qui donnent toute la poésie à ce pays...

La région regorge de maisons perdues au détour d’un chemin de pierre, bien dissimulées du temps et du monde ou seule règne cette impression de sérénité. On a le temps pour soi. On a le soin de pouvoir vivre un présent toujours plus proche qui file bien sûr, mais ne se défile pas.

Je me souviens... Quand la forêt m’enlaçait de ses bras trop grands, je retrouvais l’anonymat, la légèreté de l’être...  Il règne là-bas un soupçon d’éternité.

Je me souviens... Et ce n’est pas si loin. C’est là encore tout prêt de moi. Toutes ses petites choses... Prendre le temps, respirer les parfums du purin. Traverser les sentiers battus, revenir tout crotteux. Se dire que les choses sont simples. Se dire que la tache n’a pas d’importance et les taches non plus.

Je me souviens étant petit, quand les journées raccourcissaient, quand le temps commençaient à se raidir, on préparait les bouillottes, on sortait les chaussons de nuit et le gros pyjama. Dès la nuit tombée, on allait chercher le bois dans l’étable. On frottait nos mains devant les flammes, en repoussant l’heure ou l’on devait retrouver nos chambrées. À l’époque et encore quelques fois aujourd’hui, quand je retourne dans la maison familiale... quand le chauffage est surpris par le gel, la chaleur n’a pas le temps de rejoindre l’étage. Alors on se recroqueville dans le lit, en évitant de se promener dans les profondeurs des draps... Peu à peu la chaleur du corps envahissait les couvertures et la nuit vient nous enrôler d’histoires à dormir...
Et c’est au matin, à l’heure de l’école que tout devient pénible, il faut sortir du lit.

Je me souviens d’hier comme si c’était aujourd’hui. Je me souviens des couleurs de l’automne, le bruissement de feuilles jaunies, le vol en pagaille des pigeons dans la cour, le chien qui aboit aux moindres bruits : un tracteur, un voyeur...

Je me souviens les odeurs de la terre mouillée, les pierres transpirant l’excès d’humidité, les vieux murs négligeant leur peau laissant apparaître de grandes auréoles qui peu à peu sont recouvertes de longues barbes blanches. Je me souviens le parfum du lait venant d’être trait, le fumier fraîchement déposé à coté de l’étable... fumant comme un bon café noir.

Je me souviens aussi de mes propos dans ma dernière année sur Paris ou je n’avais qu’une envie, retrouver ces sensations perdues. Aujourd’hui, je suis un touriste à Paris et cela a changé complètement mon regard et mes impressions de cette ville.

Paris 1999 : « Je dois quitter cette ville qui me ronge... Je suis entre le rat et le mulot. Je vis dans une faune d’apparence qui n’a rien à voir avec des animaux dociles, domestiques. Et la flore n’a aucune apparence végétale, tout est gris, couleur de la nuit... Le soleil ne semble pas percer de ce côté du monde, les âmes sont peut-être trop sombres.
J’ai cru pouvoir m’adapter à ce rythme infernal... Déjà 15 ans que je foule l’asphalte de cette terre battue, abrupte. J’y ai trouvé pourtant asile, mais je ne sais pas quel degré de folie il faut atteindre pour y être admis. »

Et puis un séjour passé en Bretagne, m’a permis de voir un peu plus clair dans ma tête. Nous étions sur une île ou il n’y avait ni eau courante, ni électricité... Le chauffage était de simples poëlles et la lumière, des lampes à pétrole. Les bottes étaient obligatoires et le seul bain que l’on pouvait envisager, était un seau fixé dans le coin de la pièce duquel sortait un tuyau en plastique. Après avoir chauffé l’eau dans la marmite, on remplissait le seau et les ablutions pouvaient débuter. Une douche que l’on ne peut oublier.
Un peu de pétrole, un peu d’huile de coude pour couper le bois, quelques bidons d’eau potable et quelques vivres, ont pu nous faire passer plusieurs jours inoubliables.

J’ai compris dès lors que l’on se crée des besoins qui ne sont pas vitaux, qu’il est possible de vivre autrement.

Il est vrai que Paris est la ville lumière, qu’elle offre monts et merveilles à celui qui peut en profiter, qu’il est difficile de voir autrement une fois que l’on a les deux pieds dans le bitume. Paris est beauté, elle offre la proximité des arts, des boutiques, des échantillons de nature sans ses inconvénients. Paris ne manque pas de charme, elle a un parfum inimitable que tout le monde n’est pas capable de porter.

Il m’a été difficile d'admettre ma vraie nature... Le Perche.

 

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