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08.01.2008

Au retour


N’y a-t-il pas dans chaque retour, un soupçon d’amertume ?

Retrouver la ville, les rues et l’habitat comme une carte postale, retrouver une odeur de papier jauni. Peut-être seulement quinze jours se sont échappés du temps, peut-être plus, entre le départ et le retour. Peut-être cela n’a été qu’un rêve d’une nuit, qui s’enfuit déjà, sans savoir pourquoi…

Insaisissable instant du temps, qui lui échappe, file à toute allure pour ne jamais se poser ne serais-ce qu’un instant, un cours instant… marquer sa présence, figer le présent d’un sourire béat. Dans les premières heures, il flotte au milieu des songes, n’appartenant à aucuns mondes, survolant le décor, en tous sens endoloris, gommé de ses facultés.

Et le plat finit par refroidir, ne laissant qu’un subtil goût de reviens-y et puis… et puis… Tout reprend sa place, de l’ordre. Le temps creuse l’écart, pour ne laisser que quelques photos dans un tiroir. Les priorités s’immiscent entre « il » et lui-même. À visage découvert, difficile de faire la part des choses.

Quand la pensée première serait de repartir, de prolonger et de poursuivre l’inaccessible, n’y a-t-il pas dans le retour une déchirure entre lui hier et eux aujourd’hui ? N’est-ce pas dans ces moments qu’il faut marquer la pierre, se voir pour la premier fois dans le blanc des yeux… N’est-ce pas dans ce défilement que naît toute chose ? Faut-il regarder véritablement derrière pour avancer sans craindre ? Au moment du choc, de l’atterrissage, au changement brutale de température, n’est-ce pas là, à cette instant précis que tout se mesure avec précision ou la réceptivité est accrue ?

S’agit-il de fuir ou de construire, repartir ou prendre à bras le corps le quotidien et lui donner forme, être, être en adéquation avec ses aspirations ? La seconde demande tant de vigilance, qu’il faut retrouver à chaque rivage, une petite voix sourde et sèche pour le pousser une fois encore vers la bonne direction.

Il lui faut dans ce nouveau voyage prendre patience et courage en compagnon de route, sans oublier le reste, ce qui fait les grandes destinations.

Commentaires

Que de questions... Cela ne laisse pas indifférent.

Ecrit par : sylvie | 15.01.2008

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