31.05.2008

... A mon père

En fouinant dans les archives familiales, je suis tombé sur les premières photos réalisées par mon père quand il devait avoir 20 ans. Je les ai épluché et quelque chose m'a frappé...

Mon père professionnellement a pris la succession de son père, qui lui-même avait pris la succession... dans l'agro-alimentaire-animal et l'agriculture. Je crois à me souvenir d'une conversation avec lui, que si, il aurait sans doute embrassé une carrière artistique. Je me souviens étant adolescent, un jour ou il avait pris un peu de temps avec moi, nous avons dessiné. Et pour quelqu'un qui n'avait jamais pris la plume, je trouvais qu'il avait le sens.

Ça fait un certain temps maintenant qu'il est à la retraite, il vient d'avoir 71 ans. Que le temps passe. Dans les premiers temps de sa nouvelle vie, il a pris l'initiative de se mettre à l'informatique et bien sûr à la photo numérique. Aujourd'hui, son bureau ressemble à un laboratoire. Il y en a partout. Et quand l'on entre dans son domaine, je lui dis que cela manque un peu d'organisation, un petit rangement ne serait pas superflu.
... Les fleurs avaient ceux je ne sais quoi d'irrésistible qui donnent le sens, l'essense, qui poussent à aller encore plus loin... Quelque chose m'a frappé, 50 ans qu'il photographie les fleurs, qu'il pratique et bien plus ces derniers temps. Il avait commencé en noir & blanc et pour poursuivre maintenant en numérique. Cela ne l'a jamais quitté, bien qu'il a du faire abstinence pendant des années. Depuis plus de 3 ans, il a rencontré le jardin de Mme d’Andlau, cette femme qui a passé sa vie dans son jardin. Un paradis pour les yeux, une passion les fleurs. Elle en a écrit un livre « Métamorphose d'un jardin ». L'impression papier n'est pas de très bonne qualité (faute de moyen), mais cela laisse une place au désir d’y jeter un œil d’un peu plus près. Son jardin est aujourd'hui reconnu et apprécie. Elle ouvre ces portes une fois par an. A voir. En toutes saisons, il y retourne 2 à 3 fois par mois. Comme une retraite, comme moi avec le chocolat. Mon père est un passionné de la volupté des fleurs et la photo est le meilleur médium, pour lui, de leur rendre hommage, de retranscrire cette relation étroite, cet instant d'éternité. De s'approcher de plus en plus près, de ce qu'il le touche, l'effleure. De faire vivre, ces instants éphémères, un peu plus encore.
Depuis sa retraite, il en ait à son deuxième livre et sa 6 ème (au moins) exposition.
Toucher du bout des yeux le fragile équilibre. Les fleurs sont ce que le modèle vivant est pour le peintre.
Une référence, l'expression, l'essentiel, le commencement, le prolongement du regard.

Quand on aime rien ne s'épuise. Surtout ne change rien, continue.

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06.02.2008

L'âge donne raison

« Mon seul regret serait de ne pouvoir voler »
Un jour tu as volée. Tu as su voler. Cela s'entend. Cela semble aujourd'hui appartenir à quelque chose d'autre, à un rêve peut-être. Mais il semble bien que se fut le cas un jour.

Difficile de retrouver les gestes, les mots, la pensée qui donnent l'élan suffissant pour retrouver cet état... C'est un apprentissage, une rééducation du sens que l'on veut donner à soi-même, que l'on peut donner à soi-même.

L'âge donne raison à une certaine apathie, rapproche de la terre, éloigne des cieux... L'age et les événements effacent certains dons qui semblent inutiles au quotidien. Et un jour, comme cela semble le cas aujourd'hui, une réminiscence, une impression de déjà vu, de déjà ressenti, se glisse entre deux réalités.

Ne serait-ce pas le regard des autres qui nous poussent à redescendre, à poser le pied à terre ? à se conformer, à se restreindre à quelques conventions mal dégrossies.

Ne faisons nous pas parti d'un tout ? D'un tout ou toutes choses font parties de nous ? Ne serait-il pas possible d'être tout à la fois ?  D'être le cerf, l'oiseau, la fleur ou le papillon.

D'être sans limite, d'être au delà de soi-même.

29.01.2008

Toujours

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Je crois malheureusement qu'il n'y a pas d'âge pour souffrir. Il n'est jamais très agréable de passer par là... d'être mordu. Mais, si toute fois, s'il est possible de garder son âme d'enfant, regarder toujours comme pour la première fois chaque chose. C'est déjà beaucoup.

Recommencer sans craindre, marcher avec fierté et engouement, sentir le vent dans les voiles, suivre le fil de l'eau, se laisser envahir de frisson à la première brise. Aimer sans compromission, avec ferveur et passion. Rester libre de soi-même.

Ne garder aucun souvenir si ce n'est le meilleur dans chaque chose. Là, ou l'adversité reigne, il y a un ilôt ou repose l'esprit. C'est idéal. Et qu'importe le sérieux et le regard d'autrui.

Ne pas s'endormir sur ce qui nous anime, jamais. Suivre les étoiles, toujours.
C'était l'un de mes vœux. Il s'évanouit, parfois, se dissimule dans les pages de ma vie. Et je le retrouve au hasard d'un rencontrer dans le regard, le geste, au détour d'un sentier, dans le chant d'un oiseau, de la brune du matin, dans la froideur d'un hiver déserté, au sommet d'une colline dans les jeux du vent, dans les bras de l'amour, dans un sourire... un silence parfois.

Je le retrouve, on se retrouve comme un ami perdu de vu depuis longtemps, comme le paysage aux mille sourires de mon enfance, Il a changé, mais au fond il est toujours le même. Si l'on regarde bien... avec tendresse. C'est un échange l'un pour l'autre... Donner des couleurs à l'éphémère et à l'insignifiant. Donner du sens à chaque geste, Sentir au plus profond que tout est possible, au delà des maux, au delà des mots.

Me gonfler de toutes ces petites choses que l'adulte se refuse de ressentir par convention. Lui qui veut garder obstinément sa place fictive dans une société inadapté au sens profond de la vie.

Que sensibilité soit un signe de grâce, une prise de conscience, un instant d'éternité. La naissance du jour, chaque jour.

Quand l'on meurt une fois, c'est pour vivre intensément.
Changer de peau et donner au rêve le sens des réalités.

11.01.2008

La Possibilité d'une île - Houellebecq

Je l'ai pourtant lu, poussé par la voix de mon entourage. Suite à une longue conversation sur le regard que l'on porte au sens de la vie humaine. Mon interlocutrice me site Houellebecq, La Possibilité d'une île...

Alors, oui, peut-être... je me lance...

Et du souvenir de cette conversation, je ne comprend pas le rapport, le lien qu’il pourrait avoir avec le sort de l’humanité. Mais bon, qu’importe… quand je commence quelque chose, j’aime bien aller jusqu’au bout malgré la difficulté. Consciencieux, je poursuis.

Au milieu du livre, je souffle... Je m’essouffle… je ne vois décidément pas l’intérêt de ce livre. La décrépitude du genre humain, nous en sommes tous conscient. 100 pages peut-être plus, parcourues. Une pause, s’il vous plaît… L’auteur m’étouffe. Quel noirceur ! Ou veut-il en venir ?

Une pause et je pose le livre dans l’ombre, dans un coin de poussière. Décidément, non, son discours va à mon encontre. Mais si elle m’a parlé de ce livre, c’est qu’il y a quelque chose qui m’échappe. Je l’époussete et reprend pour le terminer, finalement. Et puis… je ne veux plus en entendre parler… c’est bon… du beau, du bon goût... passons à quelque chose de plus constructif, positif.

Et puis aujourd’hui je tombe sur un regard critique du livre : « racines ». Du coup, je m'interroge, je fouille dans mes souvenirs.
Que sait-on de Houellebecq, qu’il n’aurait pas su une nouvelle fois encore exprimer avec conviction ?  Nous apprend-il quelque chose sur le genre humain ? y a-t-il une lueur d’espoir, une solution qu’il serait le seul à connaître et qu’il transmettrait à la terre entière pour son salut ? Non, rien de tout cela ne m'est apparu, au première abord.
Et au delà du dégoût qu'il a su crée en moi ? Une interrogation ? Oui, finalement, quelque chose surnage qui me pousse à balayer ma mémoire et à épurer la forme de son discours. Il nous dépeint le misérabilisme du genre humain à travers un personnage, une star du showbiz (donc pas n’importe qui) qui serait l’archétype de l’espère, l’homo sapience du 21ème siècle. Un personnage en proîe au désir futile de consommation à outrance. Du sexe. Sa vie s’érige autour ce seul but. Consommer, consommer sans trop dégare pour ses semblables. Les années passent, il se voit vieillir et perdre peu à peu la faculté et la maîtrise de ses plaisirs. Peu à peu il se retrouve face à lui-même, seul. Il perd ses repères. Sa vie devient vide de sens.

Les descriptions de l'auteur sont très justes, il a un sens profond de l’observation et des peurs qui dominent le monde. Il tient en allène son lectorat par son regard noir et aiguisé d’un univers impitoyable digne des serial killer. Ou le lecteur est en émoi et happé à poursuivre sa lecture… entre effrois et avidité. L’auteur exploite à merveille les faiblesses et les sensibilités de la personnalité de chacun. (Ce qui m’est particulièrement désagréable. Mais passons.) Je reconnais en lui cette capacité d’interprétation et d’analyse.

Son livre est à double tranchant, il met en exergue le défaut de chacun, la capitulation d'un système qui s'est construit sur des besoins immédiat, créant un monde fictif, tout en mettant à défaut son lecteur qui refusent de s’identifier au personnage donc à ce mode de vie, mais qui se retrouve inévitablement complice de l’événement. A l’image de son livre, l’homme d’aujourd’hui s’efforce sur cette terre de  créer un nouveau monde à son image ou le maître mot a pris la forme de « pouvoir d’achat ». Lui permettant ainsi de soigner ponctuellement ces angoisses sur le pourquoi de son existance, mais sans soigner véritablement l'origine du mal. Ce système a su exploiter ses faiblesses, cultiver  ses  craintes et lui faire croire du bien fondé et de toute l'utilité d'une société comme la nôtre. « L'homme ne peut vivre autrement ».

Il y a dans ces descriptions putrides du genre humain, comme un appel, comme une certitude que l’espère humaine a finalement un sens, à une grande destinée. Ce livre nous renvoie au miroir de nous-même, de nos questions existentielles. Le doute de notre rôle dans ce « nouveau monde » s'incrit comme un espoir. Sur le postulat, que l'Homme est un être de réflexions doté d'une conscience, l'espoir serait de croire que sa lucidité l'emportera et qu'il se désengagera du système illusoir dans lequel il se meut. Mais il semble qu'il doit pousser son expérience au paroxisme pour en trouver le sens. Jusqu'à quel point devra-t-il aller pour être convaincu de son erreur ?
Ce roman que j’ai détesté est d’une actualité folle.

Houellebecq pointe du doigt ce qui érige le monde et fait tourner les hommes en ridicule.


09.01.2008

On grandit avec

N'y aurait-il pas dans cette pollution dont toute le monde parle un enrichissement mondial et personnel dont les pays (gouvernements) ne sauraient se passer ? Ne crée-t-elle pas des besoins supplémentaires à l’espère ?
N’enrichisse-t-elle pas en quelque sorte notre civilisation ? Le système dans lequel nous fonctionnons, n'est-il pas régie par des règles autonomes et fictives au cycle de la planète, nous devenant aujourd’hui indispensable ? N’avons-nous pas perdu le sens de notre rythme biologique propre, l'essence de nos véritables besoins ?

Je ne prétend pas à avoir de solutions, je fais parti de ces gens à qui l'on inocule par intraveineuse l’information. J'essaie de prendre du recul pourtant, de la distance. De comprendre. Je me dis que c’est les autres, le système, quoi. Mon système, celui que j’ai choisi ou que l’on m’a imposé. Que c’est moi. J’ai fermé les yeux, je n’ai pas voulu voir et n’est peut-être rien vu non plus. Ou j’ai fait semblant.

Mais ai-je le temps !?

La voiture pour me déplacer, l’électricité pour m’éclairer, le fioul ou le gaz pour me chauffer, le stress pour me créer des maux… les lignes haute tensions, les mauvaises odeurs et la nourriture pour écourter ma vie dans un cancer foudroyant. Toutes ces choses merveilleuses que la société me crée, que je crée, comme une fatalité et m’occupe tant l’esprit… Je ne m’ennuie pas.

Nous sommes trop nombreux sur cette terre pour faire des concessions, la jouissance naît du besoin de domination financier, du pouvoir, du plaisir… plaisir de l’éphémère, mais qu’importe.

N’ai-je pas le droit de me faire plaisir un petit peu de temps en temps après une journée difficile ?

Un petit cadeau en passant pour soulager ma peine. Un livre conçu avec l’arbre de vie. Un téléphone portable avec un beau design et des fonctionnalités que je trouverais désuet dans deux jours, mais qui me feront plaisir à l’instant de l’achat. Et puis si cela n’est pas suffisant, j’irais au restaurant consommer des produits tous faits, surgelés, cultivés avec amour dans une usine lointaine. Et si cela n’est pas suffisant, parce que j’ai faim, et cela ne sera pas suffisant. j’ai des besoins vous comprenez. J’ai des envies, l’envie d’avoir l’impression de vivre, de sentir que j’existe, que j’ai le pouvoir moi aussi. Le pouvoir de me faire plaisir. Le pouvoir d’être différent de l’autre par l’achat d’un produit de grande consommation.

Épicurien, consommer pour ne plus sentir, pour vivre moins, mais mieux. Pour enrichir encore et d’avantage l’ogre du système que je nourrie chaque jours un peu plus. Il me conforte et m’assiste dans ma douleur… je lui dois bien ça.

Ces gens, moi, dont toute le monde parle, comme des éléments fictifs, extérieurs à la situation. Ils pensent. Ils ont leur idée de la chose… de ce qu’on leur fait bouffer… Mais ont-ils le choix ?
Nous sommes seuls, parce que nous le voulons bien. Seul face à cette problématique. Comment construire une vie de société dans l’individualisme pur que nous cultivons avec fierté ? N’y a-t-il pas contradiction dans nos attentes ?

Ces gens… ne  leur laissons pas croire, ne nous laissons pas croire, nous ne croyons pas que ces fautes ne reviennent qu'à un seul d'entre nous, moi, toi, à lui. La réponse est peut-être dans chacun de nous, peut-être ailleurs. Nous ne sommes pas dupe sur le rôle de la société, ce qu'elle prône avant tout et en toute chose. Nous savons. Nous sommes pris dans un étau. Que choisir ?

Une position radiale, ne sait-elle pas une forme de suicider ? Sommes-nous prêts à mourir pour laisser la place à un monde plus propre, meilleur ? Ne sommes-nous pas dans l'idée d'un bonheur, un plaisir immédiat de notre personne ?

Est-il nécessaire d’en parler ? Si c’est juste pour le plaisir de dire, d’en faire état comme un effet de mode ? Parce que cela fait bien… et puis après on y pense plus. Il serait tant de prendre conscience de sa nature, de notre fâcheuse manie de vivre dans les apparences, de cette fâcheuses manie de se plaindre et de contribuer à notre propre perte.

C’est pas ma faute.

08.01.2008

Au retour


N’y a-t-il pas dans chaque retour, un soupçon d’amertume ?

Retrouver la ville, les rues et l’habitat comme une carte postale, retrouver une odeur de papier jauni. Peut-être seulement quinze jours se sont échappés du temps, peut-être plus, entre le départ et le retour. Peut-être cela n’a été qu’un rêve d’une nuit, qui s’enfuit déjà, sans savoir pourquoi…

Insaisissable instant du temps, qui lui échappe, file à toute allure pour ne jamais se poser ne serais-ce qu’un instant, un cours instant… marquer sa présence, figer le présent d’un sourire béat. Dans les premières heures, il flotte au milieu des songes, n’appartenant à aucuns mondes, survolant le décor, en tous sens endoloris, gommé de ses facultés.

Et le plat finit par refroidir, ne laissant qu’un subtil goût de reviens-y et puis… et puis… Tout reprend sa place, de l’ordre. Le temps creuse l’écart, pour ne laisser que quelques photos dans un tiroir. Les priorités s’immiscent entre « il » et lui-même. À visage découvert, difficile de faire la part des choses.

Quand la pensée première serait de repartir, de prolonger et de poursuivre l’inaccessible, n’y a-t-il pas dans le retour une déchirure entre lui hier et eux aujourd’hui ? N’est-ce pas dans ces moments qu’il faut marquer la pierre, se voir pour la premier fois dans le blanc des yeux… N’est-ce pas dans ce défilement que naît toute chose ? Faut-il regarder véritablement derrière pour avancer sans craindre ? Au moment du choc, de l’atterrissage, au changement brutale de température, n’est-ce pas là, à cette instant précis que tout se mesure avec précision ou la réceptivité est accrue ?

S’agit-il de fuir ou de construire, repartir ou prendre à bras le corps le quotidien et lui donner forme, être, être en adéquation avec ses aspirations ? La seconde demande tant de vigilance, qu’il faut retrouver à chaque rivage, une petite voix sourde et sèche pour le pousser une fois encore vers la bonne direction.

Il lui faut dans ce nouveau voyage prendre patience et courage en compagnon de route, sans oublier le reste, ce qui fait les grandes destinations.

15.11.2007

L'herbe verte

Comme me disait un ami, sur l'idée que j'avais de faire bouger les choses, d’hurler, d’agir peut-être, de bousculer, là où je commençais à ne plus supporter l'attitude de chacun :
« Le changement commence par soi-même avant de penser à révolutionner les autres. » Cela demande un effort. Un effort de chaque instant et de ne pas fléchir.
Vivre autrement, penser autrement, ne voir que le verre à moitié plein, plutôt que le contraire. Adopter une ligne de conduite en vers soi-même, d’abord. Et puis envers les autres, malgré l’adversité.

Cela ressemble à Du Nicolas Hulot. Mais je ne parle pas d’écologie, bien que cela en fasse partie.

Trouver et se tourner vers soi-même, vers ces valeurs que nous prônons à travers nos idées et nos commentaires sur la souffrance du monde et les mettre en application (si ce n’est pas déjà le cas).
Notre mécontentement, ces attitudes qui nous révulsent, plutôt que des les exprimer une nouvelle fois, avec encore plus de conviction, dans le dégoût de l’adversité, ne serait-il pas bon de voir ce qu’il y a à l’intérieur de nous qui provoque ce phénomène de violence ? Comment lutter ? Comment changer ce regard ? Une autre de mes connaissances me disait aussi « Le comportement de ton interlocuteur, n’est-il pas lié de façon directe à ta propre façon d’agir ? » Et si l’on renvoyait finalement sans en rendre compte une image qui crée une déformation… Ne sommes-nous pas tous dans une quête du bien être ? Un sourire, n’invite-t-il pas à être aimable ? Pourquoi, à un instant donné, les rapports entre les hommes se transforment ? Faut-il accuser pour se sentir moins coupable ? Faut-il dénoncer pour que les attitudes changent ? Quand la plupart regarde encore l’herbe du voisin. Qu’est-ce qui nous empêche de montrer à notre voisin comment rendre son herbe plus verte ?

Changer soi-même, serait-ce encore un acte individualiste,  comme le laisse présager le message de cet ami ? En apparence, je l’aurais cru s’il ne m’avait pas montré, invité à partager son repas.

Changer. L’idée n’est pas de convaincre par les mots, mais par les actes, de séduire. D’être en accord, avec ses propres pensées humanistes. Que les mots ressemblent trait pour trait à ses propres actions. Nombreux sont les coups avant de susciter la curiosité du voisin, le questionnement et l’intérêt de cette qualité de vie que nous avons adoptée et l’idée de se la procurer, par une main tendue, un échange, un sourire, plutôt que de la voler et/ou que de tuer pour l’avoir.

Bien que l’on soit unique, nous sommes tous uniques à tendre vers une cohabitation nécessaire. Changer soi-même, pas seulement dans ses actes, mais aussi dans sa manière de penser, d’entrevoir la vie et les autres. Etre un peu plus à l’écoute, entendre. Ne jamais croire que les choses sont blanches ou noires. Laisser une ouverture sur le monde, sur le regard de l’autre, l’inviter à voir autre chose, autrement. Un mot à mille visages. Devons-nous accorder un doute à chaque chose ? L’homme, est-il naturellement mauvais ? N’a-t-il pas soif de sécurité et de paix avant tout ?

Il ne s’agit pas d’être naïf, d’accorder crédit à tous ce qui nous est dit, de croire que tout est bien dans le meilleur des mondes, de fermer les yeux sur l’atrocité.

À chaque niveau, on tue sans s’en rendre compte, sans y prêter attention. Nous sommes aseptisés par une vie édulcorée. Avant de voir les défauts d’une société à l’image humaine, ne serait-il pas bon de se regarder soi-même, de regarder ses actes aux quotidiens ?

Tout ne peut être changé du jour au lendemain, mais peu à peu prendre conscience et trouver une attitude de substitution moins nocive pour l’humanité. Notre comportement a tendance à influencer le regard d’autrui, non ?  Alors, n’est-ce pas dans ce sens qu’il faut agir ? Changer soi-même.

Je veux croire en la bonne intelligence de chacun et l’intérêt de tous.
Je veux croire en la possibilité d’un effet de masse.

Est-ce une utopie ?

03.11.2007

Hommage

Au delà du regard, l'image véhicule de multiples idées
qui m'échappent parfois et me transportent au delà de moi-même.
L'observateur de l'ombre scrupte les profondeurs de ses sensations,
de ses sentiments et tente de l'imprimer sur le papier,
lui donné corps, lui donné cœur.
Ils me transportent de l'Ombre à la lumière et de l'Ombre à l'émotion.

En hommage à ces êtres de l'ombre,
je souhaite faire la lumière et leur dédier cette espace.


... A Aby

Entre archive et collection, un scotch pour cicatriser la plaie d'une réminiscence.
Une légère nostalgie plane... flirte et enivre. Une empreinte indélébile m'imprègne et me soulève.
De l'obscure au clair et du clair à l'obscure, une sensation fine et suave sillonne les chemins de mon âme.

C'est une invitation au silence, un regard se dessine au travers de ces lèvres clauses.
C'est une signature, un tatouage,
une respiration qui embrase le passé pour s'éteindre à mes pieds...
et renaître... en mon cœur, de ses cendres.


Suivre Aby


... A Lafabe

Lafabe et son labo expérimental, approfondissent les méandres de l’image, repoussant les limites du réel, perturbant la fonction originelle de l’image.

Lafabe nous décrit le papier peint du quotidien, déformant l’esthétisme, l’idée et la pensée. Tout est matière, matière a l’expérimentation, pas de limite, pas d’interdit, pas de carcan… Il me faut sortir de mes idées préconçues pour entrevoir la nature de son œuvre, transgresser l’apparence… de ce qui doit, de ce qui est et devrait être ou devenir.

Tout est matière, défier les lois, les vues de l’esprit. Le réel disparaît. Je dois faire abstraction, me vider de toutes pensées et renaître, pour comprendre, entendre le monde autrement, quitter mes habitudes, faire peau neuve. Effacer les perspectives, n’entrevoir que des lignes… sentir la couleur qui prend forme, le paysage qui a des allures de peinture abstraite.
Comme un nouveau continent, la découverte d’un nouveau pays, il faut s’adapter aux mœurs, adopter leurs coutumes, se fondre dans le décor pour être plus à même d’apprécier ces contours, son étendu, la richesse qu’elle offre.

Patchwork de la matière, comme si chaque morceau de vie saisie, archivée, était restituée tel un magma de matière à vif… des éléments désincarnés qui reprennent forme sous un autre angle, un autre visage, en d’autres pensées…

Réapprendre à voir.



... À Marianne Le Carrour

On ne se lasse pas de voir les effets de la lumière sur ce qui nous entoure...
Tu vois avec le cœur. Bien que comme tu le dis, « tu te cherches encore »,
l'essentiel demeure... sentir, ressentir, toucher du bout des yeux, comme du bout des lèvres...
avoir un style, un seul ne serait peut-être qu'un immobilisme dans la recherche de toi-même,
dans la profondeur ce qui as besoin d'être exprimé...

 

J'ai l'impression de sentir les parfums de la fleur,
l'humidité de la rosé, la fraîcheur du matin...
Tu sais saisir l'intimité de l'instant.
Et je la découvre comme pour la première fois.

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... À Maury Perseval

Instant de vie choisi, portrait de vie, entrer dans le regard d'un autre... partager son regard du levé au couché, ressentir quelque chose qui me ressemble, mais pas tout à fait.

Sensation étrange, impression de connaître, d'être de cette vie là et de perdre la mienne.
C'est comme une histoire, un roman d'images... beaucoup de charme, de sensibilité, d'humour, de douceur... voir un peu de mélancolie et surtout beaucoup d'amour... un éternel printemps.

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Le sujet traité ne m’est pas inconnu, l’idée non plus… Et bien que je ne connaisse en vérité pas grand chose à cette histoire, que je ne sois que spectateur anonyme, je me sens investi, happait, inquiet.

Au delà de la qualité du rendu, de la lumière, de la mise en scène, je les perçois comme réel, comme un fait, un « fait divers ».

Hier encore, je parcourais la vie de Egon Schiele, il me reste en mémoire l’image d’une peinture, témoin de son existence. Une peinture qui marquait, qui ponctuait ses relations avec le monde intérieur, ses doutes, sa violence. A la fin de sa court vie, on découvre dans ses dernières œuvres, un être apaisé qui a trouvé son équilibre à travers la femme. Celle qui a su le comprend et donner sens à sa vie.

Comme cet artiste, vos images me deviennent connues, me parviennent comme témoin d’une expérience. Une femme entre en scène, participe à l’image à votre roman… je sens toute l’importance de cette présence, sans en connaître les tenants et les aboutissants. Mais elle donne forme à votre univers, à vos passions, à cette histoire.

Un instant d’intimité. Elles sont des messages sourds et profonds, un appel dans l’imaginaire. Nous sommes, d’un seul coup, témoin d’une réalité qui nous échappe, une forme de rupture du réel avec l’inconscient.
Je suis témoin d’un appel qui marque toute mon impuissance.


 

... A Maudoune

Comme un journal intime, pensées de chaque jour. Comme des haïku, bercent les oreilles et  le regard. C’est une félicité. C’est un poème d’amour qui secourt, éveille les sens.

Douceur, finesse, sensibilité et sensualité… une caresse, qu'il est agréable de recevoir chaque matin.

Une brise, la rosée d'un matin d'été, quand encore somnambule de la nuit, les pieds nus dans l'herbe on se laisse rafraîchir, envahir, éveiller par la beauté du jour. Les nuances de l'aube enivrent, bercent, enlacent.

Vous êtes une apparition, qui s’imprime sur la rétine… que l’on laisse filer devant notre regard, incapable de la saisir, de la cueillir de peur qu’elle se fane et que l’on garde au fond de la mémoire comme un beau voyage.

Votre visage, votre corps, toute votre personne accompagne généreusement vos compositions. Comme si l’image ne pouvait pas vivre sans vous, sans votre présence… vous devenez l’outil d’une expression. L’image, les mots et votre silhouette ne font qu’un… une union parfaite… majestueuse. Majesté.

C’est d’une toile blanche, encore vierge de toute pensée que se dessine peu à peu les sens…
Le Petit Prince nous parle : « Si quelqu’un aime une fleur qui n’existe qu’à un exemplaire dans les millions et les millions d’étoiles, ça suffit pour qu’il soit heureux quand il les regarde. Il se dit : Ma fleur est là quelque part… ».


... A Marie-Ancolie

Un ange survole l’espace de douces pensées, je me glisse dans les méandres de son plumage.
Il m’apaise, m’envahit de sa bienveillance. Et reprend son vol comme si rien avait été.

Et puis... et puis, en dessous de l'agitation du monde, le silence s'anime...

Une perle vient de naître, gorgée de lumière et pleine de rêve,
berçant le regard, caressant la peau...

Une perle en équilibre sur le fil, de l'ombre et à la lumière... rafraîchit l'esprit de douces pensées...

 

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... À Barbarette

La nature et toi, vous vous êtes trouvé... vous avez trouvé une façon de vous comprendre, d'exprimer une douceur, une poésie, une fraîcheur, une autre réalité. Un subtile mélange de nostalgie, de rêve.

Ton paysage laisse entrevoir une atmosphère ou il fait toujours beau, ou il fait toujours bon, une météo féerique ou c’est agréable d’y être, déambuler, devenir un papillon et butiner d'une image à l'autre.
Une présence bienveillante accompagne mon regard d'un détail à l'autre, d'une nuance à l'autre... une légère impression de vertige enlace et berce.

Somnambule plongé au milieu du monde….

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... À Dine

Voyage intérieur ou se côtoie le souvenir et l’avenir, le rire et la nostalgie.
Il y a quelque chose qui vient de loin et qui est tout proche en même temps.
C’est une aventure intérieure, un autoportrait intimiste qui met en exergue des réponses profondes.

Dans ces photos cohabitent dualité et harmonie. Un mystère naît de l’image que l’auteur tente d’apprivoiser.

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26.10.2007

Carte postale

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Chercher le fil conducteur pour voir plus clair.
Cela parait si évidemment et si insaisissable.
Les pensées se mêlent, se démêlent,
s’enroulent autour de mon cou, me lacèrent,
m’emprisonnent dans un silence coupable.

Les mots se brident, les actes se rétractent.
Tout devient inaccessible, il n’y a qu’un épais brouillard
comme de grosses lunettes de soleil qui m’empêchent de voir le jour.
D’ou je suis, on pourrait croire qu’il fait toujours clair.
Mais c'est un leurre, une lueur.

Quand on a rien à perdre les gestes sont sur,
plus simples, plus faciles à mettre en application.

Je l’ai vu, c’est peut-être une erreur...
Il y a toujours un doute qui altère la vision des choses.
A quoi se fier, alors ? J’ai cru l’apercevoir.
Ce n’est pas très clair. Ce n’est pas si simple.
Cela ne semble pas être une évidence,
aucune gare, aucun poste frontière,
pas même un abri, une borne, un panneau,
enfin quelque chose qui puisse témoigner de ma bonne fois.
Et je reste là, immobile dans le froid, sans rien pour me réchauffer,
au milieu d’une page, au milieu d’une gare qui n’en est pas une,
pas un siège, pas un distributeur de café.
C’est un champs pris par le gèle,
une herbe cristalline recouverte par la brume.

Une carte postale, une photo sans destination, sans destinataire
qui reste en poste restant, oublié par le reste du monde.
Un décor sans grand intérêt, les couleurs ont passées.
Aucune date de figure au verso. Elle semble être d’un autre temps.
Elle fige l’instant, elle exprime l’éternité.
Rien ne change, tout recommence de la même manière.

Un inconnu a juste écrit quelques mots au verso.
« Je l’ai vu, j’en suis sûr, cela ne peut pas être autrement.
Je serais là encore ce soir et demain soir.
Tout les soirs, s’il le faut dans ce lieu sans histoire.
J’ai tout le temps pour y réfléchir, même s’il n’y a plus de temps à perdre.
Je l’ai vu... je l’ai vu. »

Comme le train fantôme, je l’ai vu. Un train fou sans chauffeur,
sans maître à bord allant jusqu’au bout de sa destiné.
Il n’est perturbé par aucun événement extérieur.
Que faut-il faire pour embarquer à bord ?
Rejoindre cette folie, cette frénésie.
Je m’arrête, pour être plus à même d’apprécier sa majestueuse liberté.
Il file à toute allure dans un doux ronronnement.
Il rencontre des peuples oubliés et dévisage des paysages insolites...
il gonfle le cœur de folles histoires, de douces mélodies.
Il file, défile devant mes yeux ignorants
comme un rêve, une pensée fugitive.

Je l’ai vu, le suivre ne suffit plus.
Je veux l’atteindre.

24.10.2007

Un sourire, une souris


Dans l’après-midi, l’instant était à la course.
Et c’était bien une course qui devait être menée à terme.
Le balluchon à do, patins aux pieds...
Il franchit le seuil et glissa, tout du long, dans l’escalier.
Les rues blanches et endormies du mois d’août,
le conduisaient à vive allure vers l’inconnu...
Que cherchait-il à atteindre ?
Il ne semblait pas convaincu par ce qui l’attendait de l’autre coté du miroir.
Mais peu importe, d’un trottoir à l’autre,
tout se ressemblait et rien ne le rapprochait...
Le rapprochait de ce qui l’avais quitté.
Ses yeux papillonnaient sur les façades décrépies,
impossible de se poser, de reposer son attention.

Puis…
Épuisé, son entrain commença à décliner,
pour peu à peu se figer au centre de l’éphémère, de l’incertitude.
Ses jambes fléchissaient sous le poids de son sac, de ses efforts inutiles.
Il baissa les yeux, il ne pouvait plus les soutenir.
Il ne pouvait plus rien soutenir et s’affala sur un banc,
rependant son âme sur le mur des lamentations.
La foie n’était pour lui qu’un exutoire,
qu’une excuse à la misère de son esprit, une fuite de la quête de l’absolu.
Plus rien ne le rattacher à la réalité…
Les rues, cette rue… tout était vide, vide de sens.

Mais qu’avait-il accompli ? Pas grand chose.
Reprendre tout depuis le début, il ne l’envisageait pas, il ne le souhaitait pas.
« Plutôt, mourir. » se disait-il.
Il n’aimait pas ces passages à vide, d’éternel recommencement,
Ou malgré le poids, il faut poursuivre, reprendre comme si de rien n'était.

A la station de bus, aucunes lignes ne lui étaient connues. Quelle direction suivre ?
La rue était d’une solitude affligeante,
au fond de l’air quelques grondements furtifs
d’autos mal embouchées insistaient sur leur présence.
Pour lui rappeler sans doute qu’il n’est pas si loin.
Troublé dans l’entrelacement des lignes de bus, il demandait sa route.
Un signe.
Puis.
En un instant, sans prévenir,
un petit bout de femme sortie de nulle part
retoucha d’une pointe de couleur l’aridité du décor.

Un sourire, une souris.

Elle lui adressa quelques mots en poste restante.
Il la regardait d’une oreille distraite.
Un bus s’arrêta aussitôt, à son approche.
« Tiens, voila mon bus.» dit-elle.
Il devait saisir cette opportunité, elle ne se représenterait peut-être pas.

Alors sans savoir qui elle était, alors sans savoir qui il était
et sans savoir non plus ou il allait, il se redressa
« Tiens, je vais le prendre aussi, pourquoi pas. »

Ils montèrent ensemble et s’installèrent à trois rangs d’écart, pour marquer l’écart.
Pour s’éloigner un peu de la familiarité qui les unissait déjà.
Elle le scrutait du bout des lèvres et lui remué comme attisé par cette sensation qui lui échappait.
Ne devait-il pas pousser l’idée à son paroxysme ?

Il se leva, alors, s’assis à ces cotés.
« Tu descends où ? » Lui dit-il.
-  A la prochaine.
- Ah, tant mieux... Vraiment, parce que je n’aurai pas été plus loin.
Le bus s'arrêta à la prochaine comme prévu,
et dans une totale complicité ils descendirent du bus.

Il l’accompagna jusqu’à chez elle échangeant quelques pensées
et quelques mots dans la douceur du jour qui s’animait autour d’eux.
Puis d’un sourire, il repris sa route.

… Un sourire, une souris.

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