01.08.2007
Tri Cycles
C’est de démarrer sur roues guidées par les vents marins ou ceux des cieux
car la route s’arrête là où commence un nouveau chemin.
Et de nouveau le jour s'ajoute sur les yeux et le sable,
deux soleils à lune éteinte s’élèvent ; deux soleils,
celui de l’eau et celui de l’air flottent à ligne imperceptible.
Ils sont déjà des milliers d’hommes et de femmes à disparaître derrière l’horizon.
Quand, sorti de l’ombre, un échalas s’avance d’un pas serein,
tout habillé de rêve et transporté d’espoir.
Dans la poche de son cœur, il garde le carnet de voyage où il tient ses contes
et conserve l’empreinte de ce que véhicule son esprit.
À l’approche du bruit lancinant d’une ville grisée par l’hiver
se reflète une place, pâle d’éclairage.
Une bicyclette file rond et de ses yeux perlés de bruine,
nul silence n’est plus doux que l’ivresse du ronronnement du cycliste assoupi sur son destrier.
Au delà de ce halo, mur et montagne gisent dans l’obscurité,
leur cime est offerte aux Dieux.
Altéré, il s’étend de tout son long, voluptueusement penché vers l’invisible.
Ses pieds quittent subrepticement le sol ;
il plonge et s’imprègne de l’ambre des étoiles,
se joint à leur voyage statique
pour sentir un instant des milliers de regards figés sur son petit rayonnement
et croire que tout est possible.
Surgi, alors, de son esprit ses tentatives d’atteindre les sphères célestes!
Son désir d’aller plus vite que la fatigue de ses enjambées,
de traverser les océans sans perdre pied
et de déambuler sur la voûte plantaire des nuages délétères.
À pleins poumons, il descend...descend...
s'approche de ce qui l'effraie ; s'approche de près.
Il se heurte à un monument...
Une ville grouille d'individus microscopiques, une fourmilière s'agite,
gravissant les obstacles sans perdre haleine.
Certains tombent et d'autres prennent la relève.
Alors il descend, toujours plus proche, surpris et un peu troublé ;
il reste un instant en suspens.
Venu des étoiles, tombe un sable fin...
Puis armé, il relève la tête, plane au-dessus des lieux une fois encore.
Et touchant le ciel, il glisse le long de la paroi le vent en poupe.
Refermant la boucle, il regarde le point de chute,
amorce la descente, la poursuite...
Il devenait pour lui indispensable de prendre contact avec cette civilisation étrangère,
de se transformer et de s'identifier,
indispensable, d'ajouter une pierre à l'édifice :
donner un sens à la forme, une forme à la couleur, une couleur à l'avenir...
05:30 Publié dans Écrit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : départ, voyage, rêve, cycles




