15.08.2008

Enfin le soleil se lève...

448730094.jpg

07.08.2007

Un pas de Géant

Des nuits durant, il a navigué au plaisir du vent et au fil du courant, arpentant les océans à la conquête d’une légende d’enfant. Les fenêtres grandes ouvertes prêtes à recevoir l’élan de ses pensées donnaient lieu à l’évasion, à l’élévation. La pièce affluait, affublée, d’effluves fines et suaves en provenance de pays incertains. Une bougie vacillée, ondulée et dansée même. Il était assise au milieu des songes comme en méditation, succombant à la chaleur de la flamme, hypnotisée par son déhanchement oriental.


Les yeux grands ouverts, son regard figé, déjà loin, très loin de ce que l’on peut imaginer.
Je l’ai vu l’espace d’un instant, je l’ai vu courir après un hypothétique cerf-volant, traversant les champs, ignorant le froid, la pluie, le vent... Comme happée par un chant imperceptible... Attentive aux chuchotements des feuilles, à leurs histoires frémissantes.

Regardant...
Comme pour la première fois l’oiseau sur sa branche, le héron en observation, la majestueuse dame blanche et les grillons grinçants entre les herbes folles, lui donné l’impression d’être cette petite garçon vêtue de rouge et de blanc, illuminé par la féerie du manège. Son regard papillonnait... tourbillonnait, saoulé par ces feux multicolores. Prise de vertige, le coeur soulevé, il s’assit sur le rebord, sur le talus confus d’un champs labouré, suivant des yeux les jeux frivoles du vent endiablé, froisser, frôler les courbes amoureuses du paysage.

Partageant...
La fraîcheur de cette renaissance, lui redonnait le sourire de l’enfance et de l’innocence... Des larmes coulaient le long de son visage, rejoignant, irriguant les champs irrités du souvenir des années dénudées de toute sensibilité humaine. A présent, il ne faisait plus qu’un avec ce monde à part, ce jardin secret... Il retouchait les lèvres de la simplicité, épris de tout ce qu’il avait oublié, éblouissant et estompant les limites de son royaume.

Comme une fenêtre qui claque, éteignant au passage la bougie, il reprit ses esprits tout engourdis, les yeux encore collés du sel de l’éphémère. Des petites collines de cendre sur la table semblaient avoir été soufflées par un courant d’air comme pour effacer toute trace d’une présence... Une infime odeur d’orient flottait, gisait encore là dans la pièce obscure, habillant son corps transi...

- Tout ceci n’était donc pas un rêve ?

Tant de signes me l’affirment... Tant de chose se composent sous les yeux... tant de maux trouvent leur mot. Il y en a pour toute une vie et plus encore si on y met du coeur, si on y met les formes... Et je crois bien que le coeur y est déjà.

Petite, il marche dans les traces d’un géant.