06.02.2008

L'âge donne raison

« Mon seul regret serait de ne pouvoir voler »
Un jour tu as volée. Tu as su voler. Cela s'entend. Cela semble aujourd'hui appartenir à quelque chose d'autre, à un rêve peut-être. Mais il semble bien que se fut le cas un jour.

Difficile de retrouver les gestes, les mots, la pensée qui donnent l'élan suffissant pour retrouver cet état... C'est un apprentissage, une rééducation du sens que l'on veut donner à soi-même, que l'on peut donner à soi-même.

L'âge donne raison à une certaine apathie, rapproche de la terre, éloigne des cieux... L'age et les événements effacent certains dons qui semblent inutiles au quotidien. Et un jour, comme cela semble le cas aujourd'hui, une réminiscence, une impression de déjà vu, de déjà ressenti, se glisse entre deux réalités.

Ne serait-ce pas le regard des autres qui nous poussent à redescendre, à poser le pied à terre ? à se conformer, à se restreindre à quelques conventions mal dégrossies.

Ne faisons nous pas parti d'un tout ? D'un tout ou toutes choses font parties de nous ? Ne serait-il pas possible d'être tout à la fois ?  D'être le cerf, l'oiseau, la fleur ou le papillon.

D'être sans limite, d'être au delà de soi-même.

29.01.2008

Toujours

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Je crois malheureusement qu'il n'y a pas d'âge pour souffrir. Il n'est jamais très agréable de passer par là... d'être mordu. Mais, si toute fois, s'il est possible de garder son âme d'enfant, regarder toujours comme pour la première fois chaque chose. C'est déjà beaucoup.

Recommencer sans craindre, marcher avec fierté et engouement, sentir le vent dans les voiles, suivre le fil de l'eau, se laisser envahir de frisson à la première brise. Aimer sans compromission, avec ferveur et passion. Rester libre de soi-même.

Ne garder aucun souvenir si ce n'est le meilleur dans chaque chose. Là, ou l'adversité reigne, il y a un ilôt ou repose l'esprit. C'est idéal. Et qu'importe le sérieux et le regard d'autrui.

Ne pas s'endormir sur ce qui nous anime, jamais. Suivre les étoiles, toujours.
C'était l'un de mes vœux. Il s'évanouit, parfois, se dissimule dans les pages de ma vie. Et je le retrouve au hasard d'un rencontrer dans le regard, le geste, au détour d'un sentier, dans le chant d'un oiseau, de la brune du matin, dans la froideur d'un hiver déserté, au sommet d'une colline dans les jeux du vent, dans les bras de l'amour, dans un sourire... un silence parfois.

Je le retrouve, on se retrouve comme un ami perdu de vu depuis longtemps, comme le paysage aux mille sourires de mon enfance, Il a changé, mais au fond il est toujours le même. Si l'on regarde bien... avec tendresse. C'est un échange l'un pour l'autre... Donner des couleurs à l'éphémère et à l'insignifiant. Donner du sens à chaque geste, Sentir au plus profond que tout est possible, au delà des maux, au delà des mots.

Me gonfler de toutes ces petites choses que l'adulte se refuse de ressentir par convention. Lui qui veut garder obstinément sa place fictive dans une société inadapté au sens profond de la vie.

Que sensibilité soit un signe de grâce, une prise de conscience, un instant d'éternité. La naissance du jour, chaque jour.

Quand l'on meurt une fois, c'est pour vivre intensément.
Changer de peau et donner au rêve le sens des réalités.

09.01.2008

On grandit avec

N'y aurait-il pas dans cette pollution dont toute le monde parle un enrichissement mondial et personnel dont les pays (gouvernements) ne sauraient se passer ? Ne crée-t-elle pas des besoins supplémentaires à l’espère ?
N’enrichisse-t-elle pas en quelque sorte notre civilisation ? Le système dans lequel nous fonctionnons, n'est-il pas régie par des règles autonomes et fictives au cycle de la planète, nous devenant aujourd’hui indispensable ? N’avons-nous pas perdu le sens de notre rythme biologique propre, l'essence de nos véritables besoins ?

Je ne prétend pas à avoir de solutions, je fais parti de ces gens à qui l'on inocule par intraveineuse l’information. J'essaie de prendre du recul pourtant, de la distance. De comprendre. Je me dis que c’est les autres, le système, quoi. Mon système, celui que j’ai choisi ou que l’on m’a imposé. Que c’est moi. J’ai fermé les yeux, je n’ai pas voulu voir et n’est peut-être rien vu non plus. Ou j’ai fait semblant.

Mais ai-je le temps !?

La voiture pour me déplacer, l’électricité pour m’éclairer, le fioul ou le gaz pour me chauffer, le stress pour me créer des maux… les lignes haute tensions, les mauvaises odeurs et la nourriture pour écourter ma vie dans un cancer foudroyant. Toutes ces choses merveilleuses que la société me crée, que je crée, comme une fatalité et m’occupe tant l’esprit… Je ne m’ennuie pas.

Nous sommes trop nombreux sur cette terre pour faire des concessions, la jouissance naît du besoin de domination financier, du pouvoir, du plaisir… plaisir de l’éphémère, mais qu’importe.

N’ai-je pas le droit de me faire plaisir un petit peu de temps en temps après une journée difficile ?

Un petit cadeau en passant pour soulager ma peine. Un livre conçu avec l’arbre de vie. Un téléphone portable avec un beau design et des fonctionnalités que je trouverais désuet dans deux jours, mais qui me feront plaisir à l’instant de l’achat. Et puis si cela n’est pas suffisant, j’irais au restaurant consommer des produits tous faits, surgelés, cultivés avec amour dans une usine lointaine. Et si cela n’est pas suffisant, parce que j’ai faim, et cela ne sera pas suffisant. j’ai des besoins vous comprenez. J’ai des envies, l’envie d’avoir l’impression de vivre, de sentir que j’existe, que j’ai le pouvoir moi aussi. Le pouvoir de me faire plaisir. Le pouvoir d’être différent de l’autre par l’achat d’un produit de grande consommation.

Épicurien, consommer pour ne plus sentir, pour vivre moins, mais mieux. Pour enrichir encore et d’avantage l’ogre du système que je nourrie chaque jours un peu plus. Il me conforte et m’assiste dans ma douleur… je lui dois bien ça.

Ces gens, moi, dont toute le monde parle, comme des éléments fictifs, extérieurs à la situation. Ils pensent. Ils ont leur idée de la chose… de ce qu’on leur fait bouffer… Mais ont-ils le choix ?
Nous sommes seuls, parce que nous le voulons bien. Seul face à cette problématique. Comment construire une vie de société dans l’individualisme pur que nous cultivons avec fierté ? N’y a-t-il pas contradiction dans nos attentes ?

Ces gens… ne  leur laissons pas croire, ne nous laissons pas croire, nous ne croyons pas que ces fautes ne reviennent qu'à un seul d'entre nous, moi, toi, à lui. La réponse est peut-être dans chacun de nous, peut-être ailleurs. Nous ne sommes pas dupe sur le rôle de la société, ce qu'elle prône avant tout et en toute chose. Nous savons. Nous sommes pris dans un étau. Que choisir ?

Une position radiale, ne sait-elle pas une forme de suicider ? Sommes-nous prêts à mourir pour laisser la place à un monde plus propre, meilleur ? Ne sommes-nous pas dans l'idée d'un bonheur, un plaisir immédiat de notre personne ?

Est-il nécessaire d’en parler ? Si c’est juste pour le plaisir de dire, d’en faire état comme un effet de mode ? Parce que cela fait bien… et puis après on y pense plus. Il serait tant de prendre conscience de sa nature, de notre fâcheuse manie de vivre dans les apparences, de cette fâcheuses manie de se plaindre et de contribuer à notre propre perte.

C’est pas ma faute.

07.08.2007

Un pas de Géant

Des nuits durant, il a navigué au plaisir du vent et au fil du courant, arpentant les océans à la conquête d’une légende d’enfant. Les fenêtres grandes ouvertes prêtes à recevoir l’élan de ses pensées donnaient lieu à l’évasion, à l’élévation. La pièce affluait, affublée, d’effluves fines et suaves en provenance de pays incertains. Une bougie vacillée, ondulée et dansée même. Il était assise au milieu des songes comme en méditation, succombant à la chaleur de la flamme, hypnotisée par son déhanchement oriental.


Les yeux grands ouverts, son regard figé, déjà loin, très loin de ce que l’on peut imaginer.
Je l’ai vu l’espace d’un instant, je l’ai vu courir après un hypothétique cerf-volant, traversant les champs, ignorant le froid, la pluie, le vent... Comme happée par un chant imperceptible... Attentive aux chuchotements des feuilles, à leurs histoires frémissantes.

Regardant...
Comme pour la première fois l’oiseau sur sa branche, le héron en observation, la majestueuse dame blanche et les grillons grinçants entre les herbes folles, lui donné l’impression d’être cette petite garçon vêtue de rouge et de blanc, illuminé par la féerie du manège. Son regard papillonnait... tourbillonnait, saoulé par ces feux multicolores. Prise de vertige, le coeur soulevé, il s’assit sur le rebord, sur le talus confus d’un champs labouré, suivant des yeux les jeux frivoles du vent endiablé, froisser, frôler les courbes amoureuses du paysage.

Partageant...
La fraîcheur de cette renaissance, lui redonnait le sourire de l’enfance et de l’innocence... Des larmes coulaient le long de son visage, rejoignant, irriguant les champs irrités du souvenir des années dénudées de toute sensibilité humaine. A présent, il ne faisait plus qu’un avec ce monde à part, ce jardin secret... Il retouchait les lèvres de la simplicité, épris de tout ce qu’il avait oublié, éblouissant et estompant les limites de son royaume.

Comme une fenêtre qui claque, éteignant au passage la bougie, il reprit ses esprits tout engourdis, les yeux encore collés du sel de l’éphémère. Des petites collines de cendre sur la table semblaient avoir été soufflées par un courant d’air comme pour effacer toute trace d’une présence... Une infime odeur d’orient flottait, gisait encore là dans la pièce obscure, habillant son corps transi...

- Tout ceci n’était donc pas un rêve ?

Tant de signes me l’affirment... Tant de chose se composent sous les yeux... tant de maux trouvent leur mot. Il y en a pour toute une vie et plus encore si on y met du coeur, si on y met les formes... Et je crois bien que le coeur y est déjà.

Petite, il marche dans les traces d’un géant.