12.11.2007
Songe du Perche
Un saison s'éteint, une saison s'allume de tous ces feux.
Une impression d'être de plusieurs pays, de plusieurs raisons...
En temps réel, des lumières qui transportent, qui emportent, un pas de plus, en temps rêvé.







15:55 Publié dans Coté nature | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note | Tags : perche, nature, voyage, émotion
07.08.2007
Un pas de Géant
Les yeux grands ouverts, son regard figé, déjà loin, très loin de ce que l’on peut imaginer.
Je l’ai vu l’espace d’un instant, je l’ai vu courir après un hypothétique cerf-volant, traversant les champs, ignorant le froid, la pluie, le vent... Comme happée par un chant imperceptible... Attentive aux chuchotements des feuilles, à leurs histoires frémissantes.
Regardant...
Comme pour la première fois l’oiseau sur sa branche, le héron en observation, la majestueuse dame blanche et les grillons grinçants entre les herbes folles, lui donné l’impression d’être cette petite garçon vêtue de rouge et de blanc, illuminé par la féerie du manège. Son regard papillonnait... tourbillonnait, saoulé par ces feux multicolores. Prise de vertige, le coeur soulevé, il s’assit sur le rebord, sur le talus confus d’un champs labouré, suivant des yeux les jeux frivoles du vent endiablé, froisser, frôler les courbes amoureuses du paysage.
Partageant...
La fraîcheur de cette renaissance, lui redonnait le sourire de l’enfance et de l’innocence... Des larmes coulaient le long de son visage, rejoignant, irriguant les champs irrités du souvenir des années dénudées de toute sensibilité humaine. A présent, il ne faisait plus qu’un avec ce monde à part, ce jardin secret... Il retouchait les lèvres de la simplicité, épris de tout ce qu’il avait oublié, éblouissant et estompant les limites de son royaume.
Comme une fenêtre qui claque, éteignant au passage la bougie, il reprit ses esprits tout engourdis, les yeux encore collés du sel de l’éphémère. Des petites collines de cendre sur la table semblaient avoir été soufflées par un courant d’air comme pour effacer toute trace d’une présence... Une infime odeur d’orient flottait, gisait encore là dans la pièce obscure, habillant son corps transi...
- Tout ceci n’était donc pas un rêve ?
Tant de signes me l’affirment... Tant de chose se composent sous les yeux... tant de maux trouvent leur mot. Il y en a pour toute une vie et plus encore si on y met du coeur, si on y met les formes... Et je crois bien que le coeur y est déjà.
Petite, il marche dans les traces d’un géant.
05:35 Publié dans Écrit | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : paysage, rêve, voyage, pensée
01.08.2007
Tri Cycles
C’est de démarrer sur roues guidées par les vents marins ou ceux des cieux
car la route s’arrête là où commence un nouveau chemin.
Et de nouveau le jour s'ajoute sur les yeux et le sable,
deux soleils à lune éteinte s’élèvent ; deux soleils,
celui de l’eau et celui de l’air flottent à ligne imperceptible.
Ils sont déjà des milliers d’hommes et de femmes à disparaître derrière l’horizon.
Quand, sorti de l’ombre, un échalas s’avance d’un pas serein,
tout habillé de rêve et transporté d’espoir.
Dans la poche de son cœur, il garde le carnet de voyage où il tient ses contes
et conserve l’empreinte de ce que véhicule son esprit.
À l’approche du bruit lancinant d’une ville grisée par l’hiver
se reflète une place, pâle d’éclairage.
Une bicyclette file rond et de ses yeux perlés de bruine,
nul silence n’est plus doux que l’ivresse du ronronnement du cycliste assoupi sur son destrier.
Au delà de ce halo, mur et montagne gisent dans l’obscurité,
leur cime est offerte aux Dieux.
Altéré, il s’étend de tout son long, voluptueusement penché vers l’invisible.
Ses pieds quittent subrepticement le sol ;
il plonge et s’imprègne de l’ambre des étoiles,
se joint à leur voyage statique
pour sentir un instant des milliers de regards figés sur son petit rayonnement
et croire que tout est possible.
Surgi, alors, de son esprit ses tentatives d’atteindre les sphères célestes!
Son désir d’aller plus vite que la fatigue de ses enjambées,
de traverser les océans sans perdre pied
et de déambuler sur la voûte plantaire des nuages délétères.
À pleins poumons, il descend...descend...
s'approche de ce qui l'effraie ; s'approche de près.
Il se heurte à un monument...
Une ville grouille d'individus microscopiques, une fourmilière s'agite,
gravissant les obstacles sans perdre haleine.
Certains tombent et d'autres prennent la relève.
Alors il descend, toujours plus proche, surpris et un peu troublé ;
il reste un instant en suspens.
Venu des étoiles, tombe un sable fin...
Puis armé, il relève la tête, plane au-dessus des lieux une fois encore.
Et touchant le ciel, il glisse le long de la paroi le vent en poupe.
Refermant la boucle, il regarde le point de chute,
amorce la descente, la poursuite...
Il devenait pour lui indispensable de prendre contact avec cette civilisation étrangère,
de se transformer et de s'identifier,
indispensable, d'ajouter une pierre à l'édifice :
donner un sens à la forme, une forme à la couleur, une couleur à l'avenir...
05:30 Publié dans Écrit | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : départ, voyage, rêve, cycles




